La cannelle est d’abord une épice : une écorce séchée, roulée puis broyée, dont le parfum chaud se reconnaît entre mille. Chez Les Savons de Joya, elle n’est pas là pour être mangée. La poudre que nous utilisons provient de canneliers de Ceylan cultivés de façon écoresponsable, et elle entre dans la pâte à savon.
Trois choses, et il est honnête de s’en tenir là. Sa couleur d’abord : la poudre tire le savon vers le brun chaud, sans colorant. Son parfum ensuite, épicé et enveloppant, qui tient bien à la saponification à froid. Son grain enfin, très fin, qui donne au pain un léger effet de gommage au moment du lavage, sans rayer la peau.
On parle de « cannelle » comme s’il s’agissait d’une seule épice. Il y en a deux, et elles ne se valent pas. La cannelle de Ceylan (Cinnamomum verum) ne contient que des traces de coumarine — de moins de 0,015 à 0,19 g/kg selon les mesures de l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR, évaluation n° 043/2006 du 16 juin 2006). La cannelle de cassia, la plus courante en grande surface, en contient de 0,7 à 12,2 g/kg, soit des dizaines de fois plus.
La coumarine fait l’objet d’une dose journalière tolérable de 0,1 mg par kilo de poids corporel, confirmée par l’EFSA en octobre 2008. C’est une valeur alimentaire : elle ne dit rien d’un savon que l’on rince. Nous la mentionnons parce que la confusion entre les deux cannelles est partout, et parce que savoir laquelle on achète est utile, en cuisine comme en cosmétique.
La cannelle est une épice sensibilisante. Son constituant principal, le cinnamaldéhyde, est un allergène à déclaration obligatoire : il apparaît nommément dans la liste INCI dès qu’il dépasse 0,01 % dans un produit rincé, au titre de l’annexe III du règlement cosmétique (CE) n° 1223/2009. Il est par ailleurs classé sensibilisant cutané de catégorie 1A, mention H317, depuis le règlement délégué (UE) 2024/197, applicable au 1er septembre 2025. La norme IFRA (amendement 49) limite son emploi à 0,49 % dans un savon.
Si vous êtes allergique à la cannelle ou au baume du Pérou, évitez ce savon : c’est la contre-indication retenue par la monographie européenne de la cannelle de Ceylan (EMA/HMPC/246774/2009, adoptée le 10 mai 2011). Cette monographie porte sur un usage par voie orale, pour des troubles digestifs légers : ses indications sont celles d’un médicament traditionnel à base de plantes, et ne se transposent pas à un cosmétique. Aucune information de cette page ne remplace un avis médical.