L’huile essentielle de bois de rose est distillée à partir du bois de l’Aniba rosaeodora, un arbre d’Amazonie. Son parfum boisé et floral est doux, presque poudré. C’est une huile rare, et cette rareté n’est pas un argument de vente : c’est un problème.
Distiller cette huile suppose d’abattre l’arbre, puisque c’est le bois qui sert de matière première. L’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES depuis la conférence de Doha, en mars 2010, reprise à l’annexe B du règlement européen par le règlement (UE) n° 709/2010 du 22 juillet 2010. L’annotation qui accompagne cette inscription vise explicitement les huiles essentielles, et pas seulement les grumes et les placages. L’Union internationale pour la conservation de la nature classe par ailleurs l’Aniba rosaeodora parmi les espèces en danger.
Concrètement, l’huile circule librement à l’intérieur de l’Union, mais son importation ou son exportation hors UE exige un permis CITES. Et un flacon de bois de rose, même bio, reste un produit dont la ressource est sous tension. Nous préférons l’écrire plutôt que de vanter une « huile précieuse » sans dire pourquoi elle l’est devenue.
Du linalol, essentiellement : de 85 à 93 % selon les analyses publiées. C’est lui qui porte l’odeur. Le linalol est un allergène à déclaration obligatoire, mentionné nommément dans la liste INCI dès 0,01 % dans un produit rincé, au titre de l’annexe III du règlement cosmétique (CE) n° 1223/2009. Il a la particularité de s’oxyder au contact de l’air, et ce sont ses produits d’oxydation qui sensibilisent, pas la molécule fraîche. La norme IFRA ne lui fixe pas de dose maximale, mais impose de travailler avec une huile dont l’indice de peroxyde reste bas : autrement dit une huile fraîche, bien bouchée, à l’abri de la lumière et de la chaleur.
Une note boisée et florale, douce, qui tient bien à la saponification à froid. Rien de plus. Les propriétés antiseptiques, antifongiques et antibactériennes qu’on lui prête un peu partout ne reposent sur aucune monographie ni aucun avis d’autorité : il n’existe aucun document officiel européen sur cette huile. Les seules données disponibles sont des essais en laboratoire, qui ne disent rien de ce qui se passe sur une peau, et qu’un cosmétique n’a de toute façon pas le droit de revendiquer.
Comme toute huile essentielle, le bois de rose ne s’utilise jamais pur sur la peau. Faites un test au pli du coude 48 heures avant la première application. Aucune information de cette page ne remplace un avis médical.