L’huile essentielle de cajeput est distillée à partir des feuilles du Melaleuca cajuputi, un arbre d’Asie du Sud-Est de la même famille que le tea tree et le niaouli. Dans un savon, elle apporte une note fraîche et camphrée, très proche de l’eucalyptus. C’est cette fraîcheur que nous cherchons, et c’est aussi tout ce que nous en disons : le reste de ce qu’on lit sur le cajeput relève de l’usage médicinal traditionnel, qui n’a pas sa place sur la fiche d’un cosmétique.
Le cajeput, ou mélaleuque blanc, est un arbre originaire d’Asie du Sud-Est. Appelé bois blanc par la population locale, il est exploité dès le 17e siècle dans l’archipel des Moluques, à l’est de l’Indonésie, puis diffusé par les explorateurs et les botanistes dans plusieurs régions tropicales. Au 18e siècle, les colons le commercialisent en Europe, et au prix fort.
Saviez-vous qu’au Cambodge, l’écorce épaisse du cajeput sert à fabriquer des torches ? Cultivé aussi comme arbre ornemental, il se couvre de fleurs blanches dont le parfum rappelle l’eucalyptus. Une odeur que les abeilles apprécient, et dont elles tirent un miel très savoureux.
Le cajeput est avant tout une huile riche en 1,8-cinéole, plus connu sous le nom d’eucalyptol : de 40 à 60 % selon les provenances et les lots. Viennent ensuite l’alpha-terpinéol, l’alpha-pinène, le limonène et le bêta-caryophyllène, en proportions bien plus faibles. C’est ce profil qui donne à l’huile son odeur franche, et c’est lui aussi qui impose quelques précautions.
Plusieurs de ces molécules sont des allergènes à déclaration obligatoire. Elles figurent nommément dans la liste INCI de nos produits dès qu’elles dépassent 0,01 % dans une formule rincée, comme l’exige l’annexe III du règlement cosmétique (CE) n° 1223/2009, complétée par le règlement (UE) 2023/1545.
Le cajeput n’a pas de monographie européenne : contrairement au tea tree ou à l’eucalyptus, aucune autorité n’a établi d’usage reconnu pour cette huile. Les seuls repères officiels portent sur sa molécule principale, le 1,8-cinéole.
Pour les cosmétiques, l’Afssaps recommande depuis août 2008 de ne pas dépasser 0,1 % d’eucalyptol chez l’enfant de moins de 3 ans, et 1,12 % entre 3 et 6 ans. La monographie européenne de l’huile essentielle d’eucalyptus (EMA/HMPC/320292/2023, adoptée le 20 novembre 2024) contre-indique par ailleurs les préparations riches en 1,8-cinéole avant 24 mois, en raison d’un risque de spasme du larynx, ainsi que chez l’enfant ayant des antécédents de convulsions.
Comme toute huile essentielle, le cajeput ne s’utilise jamais pur sur la peau. Faites un test au pli du coude 48 heures avant la première application. En cas de doute, et en particulier pendant la grossesse et l’allaitement, demandez l’avis d’un professionnel de santé. Aucune information de cette page ne remplace un avis médical.